Herschel-HIFI devoile avec une tres haute definition des molecules organique dans Orion
mar0
L’observatoire spatial Herschel de l’ESA a révélé, dans la Nébuleuse d’Orion, les empreintes de molécules organiques signature d’une chimie prébiotique. Le spectre de ces molécules a été obtenu avec HIFI (Heterodyne Instrument for the Far-Infrared - Instrument Hétérodyne pour l’Infrarouge Lointain) - l’un des trois instruments embarqué à bord d’Herschel. L’ensemble des données devrait permettre aux astrophysiciens de mieux comprendre la formation de ces molécules prébiotiques et peut-être la formation des premières briques de la vie.
Le spectrographe HIFI, l’un des trois instruments embarqués à bord de l’observatoire spatial Herschel de l’ESA, est de nouveau disponible depuis janvier 2010. L’analyse des premiers spectres, réalisés depuis cette date, montre que le spectromètre HIFI rempli totalement ses objectifs en obtenant des spectres d’une très haute résolution.
Parmi les molécules qui ont été identifiées, il y a l’eau, le monoxyde de carbone, le formaldéhyde, le méthanol, le diméthyl éther, le cyanure d’hydrogène, l’oxyde de soufre, le dioxyde de soufre, et leurs isotopomères. On s’attend également à ce que d’autres molécules organiques soient identifiées.

Spectre HIFI de l’eau et de molécules organiques dans la Nébuleuse d’Orion
La nébuleuse d’Orion est un nuage moléculaire qui est le siège de formations stellaires importantes. L’obtention de ces spectres permettra de construire des modèles physico-chimiques pour comprendre la formation stellaire, et étudier plus directement la chimie associée à la naissance des étoiles, des planètes, et d’une certaine façon, à la vie.
Article complet : Herschel-HIFI dévoile avec une très haute résolution des molécules organique dans Orion - INSU
Spatial : l’Amerique change de cap - JDE mars 2010
mar0
Début février le président Américain Barack Obama a annoncé une réorientation radicale de la politique spatiale de son pays. L’annulation du programme constellation qui visait à retourner sur la Lune vers 2020, a conduit certains observateurs à conclure un peu rapidement que la NASA renonçait aux vols habités…
Source : Le journal de l’espace - CNES
VASIMR - Systeme de propulsion a plasma.
fév0
La NASA a signé un accord avec la firme US Ad Astra Rocket qui prépare le terrain pour la commercialisation d’un système de propulsion avancé qui repose sur l’utilisation du plasma.
Le moteur en question est bien connu des spécialistes. Il s’agit de Vasimr (Variable Specific Impulse Magnetoplasma Rocket), un système de propulsion complètement différent de la propulsion classique chimique utilisée aujourd’hui. Son potentiel est énorme et les performances attendues dépassent, et de loin, celles des moteurs reposant sur l’utilisation de propergols chimiques.
Principe de fonctionnement du moteur à plasma Vasimr
Vasimr, dont les premières études exploratoires datent de la fin des années 70, est un moteur qui produit un plasma aux températures très élevées. Il est constitué d’une source électrique utilisée pour ioniser un carburant en plasma. Ce plasma est ensuite chauffé et accéléré, puis dirigé par des champs magnétiques pour propulser la sonde. L’accroissement des performances a pu entraîner des réductions importantes de la consommation de carburant. Tandis que les tuyères conventionnelles du moteur fondraient sous les températures extrêmes, Vasimr emploie des champs de force magnétiques pour diriger l’échappement du plasma.
Le transfert de cette technologie novatrice au secteur privé s’explique par la nouvelle stratégie de la NASA, insufflée par l’administration américaine qui souhaite que les prochaines grandes étapes de l’exploration humaine de l’espace dépendent grandement de la coopération entre le secteur aérospatial privé et la NASA.
Les applications commerciales de ce moteur sont multiples et n’intéressent pas seulement le secteur spatial. Mais déjà on pense à la mise au point d’un système de poussée (re-boost) de grandes structures orbitales, mais également de repositionnement de satellites et de propulsion de cargos de fret vers la Lune ou Mars.
Cette technologie peut également être utilisée pour des missions habitées et robotiques interplanétaires. Ainsi, Vasimr est une des solutions retenues pour équiper un vaisseau martien. L’intérêt de son utilisation est double. D’une part, le gain de temps serait énorme, réduisant le temps de voyage entre les planètes Terre et Mars de moitié, voire plus. D’autre part, l’utilisation d’hydrogène comme carburant aurait comme avantage d’envoyer le vaisseau vers Mars avec seulement la quantité nécessaire, les astronautes ‘faisant le plein’ sur la planète pour rentrer sur Terre. Enfin, l’hydrogène peut également être utilisé comme bouclier anti-radiation.
Source : Flashespace
Compléments :
Vasimr technology - Ad Astra, rocket company (en)
Propulsion Systems of the Future - NASA (en)
Aller sur Mars en moins de 40 jours - Le figaro
L’anneau fantome de Saturne
oct0
Il faut revoir l’échelle des anneaux de Saturne ! Une équipe d’astrophysiciens a dévoilé, grâce au télescope spatial Spitzer, un nouvel anneau qui s’étend sur une distance approximative de 8 à 12 millions de kilomètres ( de 128 à 207 radius) !
Ce nouvel anneau, qui suit l’orbite de l’une des lunes de Saturne, Phoebe, est différent des autres qui sont plus proches de la planète: tout en étant beaucoup plus épais et plus large, il est incliné de 27 degré par rapport au plan des autres.
«Il est analogue aux “petits” anneaux autour de Saturne, mais sur une échelle immense”, dit Michael Skrutskie de l’Université de Virginie à Charlottesville. “C’est aussi un anneau très ténu, avec une profondeur optique de seulement 2 x 10-8. C’est l’équivalent de 20 grains de matière par kilomètre cube.” La nature extrêmement clairsemée de l’anneau signifie qu’il reflète très peu de lumière et qu’il est pratiquement invisible, ce qui explique pourquoi il a déjà échappé à la détection.
Son existence a été inspirée par la découverte d’autres anneaux associés à des satellites, comme le Janus/Epiméthée, anneau découvert sur des images prises par la sonde Cassini en 2006.
Sources : Huge ‘ghost’ ring discovered around Saturn - Nature News
Complément : Saturn’s largest ring - Nature letters
Parisciences - La planete aux anneaux
oct0
Pariscience, festival international du film scientifique, rend hommage en sa présence à André Brahic, vendredi 9 octobre à 18h15 au museaum national d’histoire naturelle, en projetant un documentaire “La planète aux anneaux” réalisé par Richard Smith.
André Brahic est astrophysicien au CEA, professeur à l’Université de Paris VII et directeur du laboratoire Gamma-gravitation rattaché à l’UFR de Physique. Il a travaillé en particulier sur les supernovæ, la théorie du chaos, la dynamique des galaxies, les anneaux planétaires et la formation du système solaire. Il s’est notamment intéressé aux anneaux des planètes géantes et élabora l’un des principaux modèles concernant les anneaux de Saturne.
Résumé du film :
“Saturne, avec ses anneaux, est la planète la plus reconnaissable, mais aussi la moins comprise. Après un voyage de 7 ans, la sonde Cassini est enfin arrivée sur cette planète pour commencer une mission orbitale de quatre ans. Le destin de l’expédition dépend du poste de commande. Il doit diriger Cassini à 80 000 Km/h…”
Extrait du film :
Séance gratuite - réservation des places sur Parisciences
LCROSS - L’impact lunaire retransmis en direct
oct0
A ne pas manquer ce vendredi 9 octobre, à 13h30, la retransmission en direct des images de la sonde LCROSS qui filmera l’impact du Centaure dans le cratère lunaire Cabeus, avant de s’écraser elle même.
La force de l’impact, sans précédent, formera un cratère de 20 mètres de diamètre, soulevant un épais nuage de roche lunaire jusqu’à 6 km de haut, visible depuis la Terre.
Rendez vous sur NASA TV pour suivre l’évènement en direct.
De l’eau a la surface de la Lune!
sept0
Une équipe franco-américaine[1], à laquelle appartient Olivier Groussin, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM : INSU-CNRS, Université de Provence, Observatoire Astronomique de Marseille Provence), a mis en évidence pour la première fois de façon non-ambigüe la présence d’eau à la surface de la Lune.
L’eau est présente sur quasiment toute la surface de la Lune, en faible quantité. Cette découverte majeure bouleverse les scénarios de formation de la Lune et ouvre de nouvelles perspectives scientifiques et techniques pour l’exploration du système solaire. Ce résultat est publié dans la revue Science du 25/09/2009.
En juin 2009, la sonde spatiale EPOXI[2] de la NASA est passée à « seulement » 6 millions de kilomètres de la Lune. Grâce à son spectromètre infrarouge proche, la sonde a pu observer la surface lunaire dans le domaine des longueurs d’onde infrarouge, en particulier autour de 3 microns où l’on peut détecter des bandes d’absorption caractéristiques de la molécule d’eau. Ces observations ont permis de mettre en évidence pour la première fois de l’eau à la surface de la Lune, de façon non-ambigüe. Une telle découverte est impossible à réaliser depuis la Terre puisque l’atmosphère terrestre, elle-même remplie d’eau, est opaque autour de 3 microns.
« Grâce aux observations de la sonde spatiale NASA/EPOXI, nous avons pu démontrer que l’eau est présente en faible quantité sur presque toute la surface de la Lune, à toutes les latitudes supérieures à 10 degrés » déclare Olivier Groussin, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (INSU-CNRS, OAMP) et collaborateur scientifique à la mission NASA/EPOXI. La quantité moyenne d’eau à la surface de la Lune serait inférieure à 0,5% de la masse des matériaux de surface. Les scientifiques ont aussi découvert qu’au cours d’une journée « lunaire », plus le Soleil est haut dans le ciel, moins il y a d’eau à la surface de la Lune. Il y a donc des variations au cours des journées lunaires, avec moins d’eau en surface lorsqu’il est midi que le matin ou le soir, lorsque le Soleil est bas sur l’horizon. De même, il y moins d’eau à la surface de la Lune près de l’équateur, que près des pôles aux latitudes élevées.

Illustration du vent solaire transportant les ions hydrogène H+. Un des scénarios possible pour expliquer l’hydratation de la surface de la Lune est que, durant la journée, quand la Lune est exposée au vent solaire, les ions hydrogène libèrent l’oxygène contenu dans les minéraux lunaires pour former des molécules OH et H2O (eau). A haute température (zones rouges/jaunes), plus de molécules OH et H2O sont libérées que retenues en surface. En revanche, lorsque la température diminue (zones vertes/bleues), les molécules OH et H2O s’accumulent en surface. © Université du Maryland/F.Merlin/McREL
«L’eau détectée à la surface de la Lune est de l’eau adsorbée (avec un d) », précise Olivier Groussin. L’adsorption physique est un phénomène spontané par lequel les molécules d’eau se fixent faiblement à la surface des particules de poussière lunaire. Ces molécules d’eau adsorbées peuvent donc facilement être arrachées des poussières de surface sur lesquelles elles se trouvent, par une simple élévation de la température par exemple. Ce sont donc des molécules très « mobiles », et leur concentration en surface peut varier au cours d’un jour lunaire. Le mécanisme responsable de ces variations n’est aujourd’hui pas bien compris mais pourrait être lié au vent solaire.

Illustration du cycle diurne d’hydratation et de déshydratation de la surface lunaire. Le matin, lorsque la Lune est froide, la surface contient des molécules d’eau adsorbées (en rouge et blanc sur la figure). A midi, lorsque la Lune est plus chaude, ces molécules d’eau sont libérées et perdues. Le soir, la Lune se refroidit et retourne à un état identique à celui du matin. Donc, quel que soit le type de terrain et sa localisation, la surface entière de la Lune est hydratée pendant une partie d’un jour lunaire. © Université du Maryland/O. Groussin/McREL.
Cette découverte d’eau à la surface de la Lune est confirmée par deux autres instruments ayant effectué des observations similaires de la Lune mais à des instants différents: l’instrument M3 de la mission Indienne Chandrayaan 1 et l’instrument VIMS[3] de la mission Huygens-Cassini (ESA/NASA).
La découverte d’eau à la surface de la Lune ouvre de nouvelles perspectives scientifiques et techniques pour l’exploration du système solaire. Scientifiquement, cela nous oblige à revoir les modèles de formation et d’évolution thermique et chimique de la Lune, en incorporant la présence d’eau. Plus généralement, l’eau semble être présente dans tout le système solaire, depuis les régions glacées au-delà de Neptune jusqu’au plus près du Soleil, avec certains astéroïdes et maintenant la Lune. « Nous trouvons de l’eau dans tout le système solaire, même là où nous ne l’attendions pas il y a encore quelques années ! », déclare Olivier Groussin. Techniquement, cette découverte est aussi primordiale puisque l’eau est une ressource vitale pour l’homme. La présence de molécules d’eau à la surface de la Lune, même en faible quantité, renforce donc son rôle potentiel de base de départ pour les futurs vols habités, vers Mars notamment.
[1] L’équipe scientifique est constituée de :
- O. Groussin, Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM/OAMP, INSU-CNRS, Université de Provence), France;
- J. M. Sunshine, T. L. Farnham, L. M. Feaga. F. Merlin et M. F. A’Hearn, Université du Maryland, Etats-Unis;
- R. E. Milliken, Jet Propulsion Laboratory, Etats-Unis.
[2] EPOXI est la prolongation de la mission Deep Impact de la NASA. Cette sonde a pour objectif le survol de la comète 103P/Hartley 2, qu’elle atteindra en novembre 2010.
[3] Spectromètre imageur visible et infrarouge
Contact(s):
* Olivier Groussin, LAM - OAMP
olivier.groussin@oamp.fr, 04 91 05 69 72
Source:
« Temporal and spatial variability of adsorbed OH/H2O on the Moon as observed by the Deep Impact spacecraft ». Jessica M. Sunshine, Tony L. Farnham, Lori M. Feaga, Olivier Groussin, Frédéric Merlin, Ralph E. Milliken, Michael F. A’Hearn. Science 25/09/2009.


