SN 2008ha : la toute particuliere “mini” supernova

12
juin
0

C’est une New Yorkaise de 14 ans qui a découvert un cas très particulier de supernova : à l’aide d’un simple télescope, Caroline Moore, a pu détecter une explosion stellaire 1000 fois plus puissante qu’une nova, mais 1000 fois moins puissante qu’une supernova, en décembre 2008.

SN 2008ha mini supernova

Les scientifiques ont mis en commun les données recueillies sur l’évènement par l’observatoire de Calar Alto en Espagne, les Telescopio Nazionale Galileo, Nordic Optical Telescope et Liverpool Telescope situés aux îles Canaries en Espagne ainsi que le Copernico Telescope d’Italie. Leurs conclusions indiquent que si les supernovae à faible énergie et faible luminosité contiennent habituellement de l’hydrogène, ce n’est pas le cas de la SN 2008ha. L’absence d’hydrogène est significative parce qu’elle indique que l’étoile a sans doute perdu toutes ses couches extérieures avant l’explosion.

Il est possible que l’étoile progénitrice ait été très massive; le cas échéant, son enveloppe aurait été soufflée par des vents stellaires avant l’effondrement du noyau. Dans ce scénario, le trou noir résultant aurait aspiré la majeure partie des matières radioactives dégagées durant la supernova. Il est intéressant de noter que les astronomes ont trouvé très peu de traces de matières radioactives dans les éjecta de la SN 2008ha.

Dans le cas où le scénario de l’étoile très massive se vérifierait, la SN 2008ha pourrait contribuer à une meilleure compréhension par les astronomes du lien entre les supernovae et un groupe de «longues» (de plusieurs secondes) éruptions de rayons gamma. Les astronomes ont cru un certain temps à l’existence d’un lien entre les éruptions de rayons gamma et les explosions puissantes de supernovae; toutefois, ils ont constaté au cours des dernières années deux longues éruptions de rayons gamma non accompagnées de supernovae particulièrement énergétiques et lumineuses. Ceci tendrait à associer ces éruptions avec une supernova de type pâle.

Source : Cordis

Classé dans : Cosmologie

Un cinquieme de la population mondiale a perdu de vue de la Voie Lactee

10
juin
2

La pollution lumineuse a provoqué l’incapacité de voir la Voie lactée de nuit, pour un cinquième de la population mondiale - principalement en Europe continentale, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

“L’arc de la Voie Lactée vue dans un vrai ciel noir, fait partie du patrimoine naturel de la planète», a déclaré Connie Walker, astronome de l’US National Optical Astronomy Observatory à Tucson, en Arizona. Pourtant, plus d’un cinquième de la population mondiale, les deux tiers de la population des États-Unis et la moitié de la population de l’Union européenne ont déjà perdu la visibilité de la Voie lactée à l’oeil nu.

Pollution lumineuse - voie lactée

Le phénomène, provoqué par le reflet de la lumière artificielle par l’atmosphère terrestre, impacte la recherche astronomique et peut même nuire à la santé humaine, a mis en garde Walker, qui présente aujourd’hui ses recherches, lors d’une réunion de l’American Astronomical Society à Pasadena, en Californie.

Une étude de 147 communautés israéliennes, publiée en 2008 dans la revue Chronobiology International, a mis en évidence qu’il existe un risque accru de cancers du sein pour les femmes vivant dans des zones ayant une forte pollution lumineuse. Cela semble être dû à la lumière artificielle de nuit, qui affecte les niveaux d’hormones telles que la mélatonine ou oestrogènes.

La photo représente les effets de la pollution lumineuse en observant les constellations Sagittaire et Scorpion de deux sources différentes. L’image du haut montre le ciel à partir de Leamington, Utah. L’image en bas montre Orem, Utah. Crédit: Jeremy Stanley / Wikimedia

Heureusement, il existe encore quelques chanceux qui peuvent admirer notre belle galaxie…

Galactic Center of Milky Way Rises over Texas Star Party from William Castleman.

Source : Heather Catchpole - Cosmos en ligne - One-fifth of us have lost sight of Milky Way

Classé dans : Cosmologie

L’annee lumiere, et la mesure des distances en cosmologie.

5
juin
0

Je lisais hier une discussion sur le forum de Futura Sciences, et une personne se posait la question suivante, “comment se fait-il que nous puissions voir des galaxies situées a 20 milliards d’années lumières, sachant que l’univers n’a que 13,7 milliards d’années?”

Tout d’abord, l’année lumière est une mesure de distance, et non de temps. Elle équivaut en réalité à la distance parcourue par la lumière en une année, qui vaut 9,46×1015 m. C’est une mesure de distance plutôt destinée au grand public, qui est plus parlante que des des milliards de milliards de milliards de km… Les professionnels utilisent plutôt le parsec comme unité de mesure.

Afin d’avoir un ordre de grandeur, voici quelques distances calculées à partir de la terre, en années lumière :

Lune 1,3 seconde-lumière
Soleil 8 minutes-lumière
Pluton 5,5 heures-lumière
Proxima Centauri 4,2 années-lumière
Centre de la Voie Lactée 26 000 années-lumière
Galaxie d’Andromède 2,6 millions d’années-lumière
Amas de galaxies de la constellation de Coma 330 millions d’années-lumière
Diamètre de l’Univers observable 45 milliards d’années-lumière

En cosmologie, à cause de l’expansion de l’univers, il existe 4 échelles de distances

  • Distance de luminosité :
    Elle exprime la distance d’un objet astronomique en analysant la luminosité.
  • Distance angulaire :
    Elle exprime la distance d’un objet astronomique au moment où sa lumière a été émise.
  • Distance Cosmobile :
    Elle exprime la distance actuelle d’un objet astronomique.
  • Distance propre, ou distance propre de propagation des photons :
    Elle exprime le temps mis par la lumière pour nous atteindre.

Les distances en cosmologie
Schéma : distance angulaire, distance propre, et distance cosmobile, exprimées en années lumières

Ci-dessous, un tracé de ces quatre échelles de distance en fonction du redshift. Le redshift est une mesure de la vitesse provoquée par l’expansion de l’univers - une galaxie avec un grand redshift se situe plus loin qu’une galaxie avec un petit redshift.

Les distances en fonction du redshift

La Distance de Luminosité (DL) nous montre pourquoi il est si difficile de voir les galaxies les plus lointaines - une protogalaxie très lointaine avec un redshift de 15 nous apparaitrait comme si elle se trouvait éloigné de 560 milliards d’années lumière, même si sa Distance Angulaire (DA) nous dit qu’elle était à 2.2 milliards d’années lumière lorsqu’elle a émis la lumière que nous voyons maintenant. La Distance Propre des Photons (DLT) nous indique que cette protogalaxie aurait voyagé pendant 13.6 milliards d’années entre le moment où elle a émis sa lumière et maintenant. Enfin la Distance Comobile (DC) nous dit que cette même galaxie aujourd’hui, si nous pouvions la voir, serait à environ 35 milliards d’années lumière de nous.

On remarque sur ce graphique que la distance propre ne peut aller au delà de 14 milliards d’années. Cela s’explique simplement du fait que notre univers a un âge fini, environ 14 milliards d’années, la lumière des objets célestes situés au-delà de l’horizon n’a pas eu le temps de parvenir jusqu’à nous et ces objets sont donc invisibles. C’est donc la limite de la taille observable de l’univers.

Cependant, cette limite n’exprime pas la fin de l’univers. La lumière voyageant à la vitesse de 300 000 kilomètres par seconde, chaque seconde de temps qui s’écoule nous fait découvrir une profondeur d’espace nouvelle de 300 000 kilomètres. De la sorte, en une année, quelques galaxies nouvelles supplémentaires se découvrent à notre vue. Appréhender la seule partie observable de l’Univers n’est pas appréhender la réalité de l’Univers dans son ensemble.

C’est une autre question de savoir à quelle distance géométrique se situent actuellement les objets dont nous recevons la lumière, 14 milliards d’années après qu’ils l’ont émise. Pour déterminer cette distance, il faut adopter un modèle d’univers et connaissant la vitesse d’expansion de l’espace en déduire la distance dont se sera éloigné l’objet considéré depuis l’émission des photons. Dans le cadre du modèle standard de la cosmologie la distance actuelle de l’horizon cosmologique est de l’ordre de 45 milliards d’années-lumière.

En espérant que ceci vous aidera à mieux appréhender la notion des distances en cosmologie !

Sources :
atuniverse, traduit de atlasoftheuniverse - Richard Powell
Univers observable

La supernova SN2008iz, cachee dans la galaxie M82

1
juin
0

Une équipe internationale d’astronomes a découvert l’explosion secrète d’une étoile massive en avril 2009, dans la galaxie M82, surnommée “the exploding galaxy”. Bien que ce soit la plus proche supernova découverte depuis ces 5 dernières années ( la galaxie se situe à 12 années lumières de la terre ), l’explosion n’est détectable que par longueurs d’ondes radio (l’épais nuage de gas et de poussière ne laissant pas passer les autres gammes d’ondes, sans quoi l’évènement aurait pu être visible à partir de télescopes amateurs !), c’est pourquoi, elle n’a pas été détectée auparavant.

Supernova SN 2008iz
Cliquez pour agrandir.

Zoom sur le centre de la galaxie M82, l’un des plus proche galaxies à une distance de seulement 12 millions d’années-lumière. L’image de gauche, prise avec le télescope spatial Hubble (HST), montre le corps de la galaxie en bleu, et le gaz d’hydrogène qui s’éjecte de l’étoile centrale en rouge. L’image provenant du VLA ( Very Large Array - en haut à gauche) montre clairement la supernova, prise en Mai 2008. La haute résolution de l’image VLBI (Very Long Baseline Interferometry - en bas à droite) présente une coquille en expansion à l’échelle de quelques jours-lumière (un jour-lumière vaut environ 25,9 téramètres) révèlant une explosion de supernova dans M82.

Images : Milde Science Communication, HST Image: /NASA, ESA, and The Hubble Heritage Team (STScI/AURA); Radio Images: A. Brunthaler, MPIfR


Qu’est ce qu’une Supernova

C’est l’explosion cataclysmique d’une étoile qui peut pendant un temps briller plus vivement qu’une galaxie entière de milliards d’étoiles. Elle arrive quand une étoile supergéante épuise tout son combustible nucléaire, provoquant ainsi l’effondrement du coeur et le relachement d’une grande quantité d’énergie qui éjecte les couches externes de l’étoile, pour ne laisser qu’une étoile à neutrons ou dans les cas extrèmes un trou noir.

Sources :
Discovery of a bright radio transient in M82: a new radio supernova? - Astronomy & Astrophysics letter.
An exploding star in an “exploding” galaxy - MPIFR Max-Planck-Institut fûr Radioastronomie.

Ressources complémentaires :

Qu’est ce qu’une supernova
Hubblecast : supenovae - exploding stars (en)